Schooner Beach
Après notre escapade dans la tourbière, nous décidons de faire le sentier de Schooner Cove, qui nous mènera à la plage du même nom. Le sentier est très agréable, comparable à tous ceux dont j’ai parlé jusqu’à présent. Je ne sais pas pourquoi nous n’avons pas pris de photo sur les passerelles de bois. Sans doute étions-nous pressés d’arriver à la plage ! Sous un grand ciel bleu sans nuage, nous nous contentons d’admirer le paysage :
Chouchou et Loulou font du camping sauvage :p
Sur la plage, nous assistons en fait à une drôle de scène de ménage. A quelques mètres au-delà du rivage, se dresse une île ‘déserte’ (à part peut-être quelques ours, qui sait …). A marée basse, elle doit être complètement accessible, mais ce n’est pas encore vraiment le cas en cette fin d’après-midi. Arrive bientôt un couple d’amoureux. Elle a les cheveux rouges et la mine boudeuse, il a l’esprit aventureux et borné. Pendant que Mademoiselle s’installe sur la plage, Monsieur fait un petit baluchon de sa serviette, et entame sa traversée. L’eau lui arrive presque à la taille et il manque de faire tomber son précieux baluchon, mais patauge gaiement jusqu’à l’île. Robinson pose son barda et fait signe à sa compagne de le rejoindre. Mais celle-ci n’a pas vraiment envie de se mouiller. Si l’escapade sur l’île était prévue depuis longtemps, elle ne l’était que d’un côté… En un aller-retour, Robinson tente de convaincre sa belle de le suivre. ‘Une île déserte ! Et regarde comme c’est facile, l’eau est à peine froide !’ (je ne fais qu’imaginer les paroles bien sûr). Toujours pas décidée, croisant les bras, elle boude ostensiblement et rumine sa colère. Elle sur la plage, Lui sur son île, il y a de l’eau dans le gaz… Quand il revient auprès d’elle, pour la convaincre à nouveau, c’est le drame. Une furie rouge de colère gesticule en tout sens, criant sûrement qu’elle ne veut pas se mouiller ‘et puis d’abord crétin, t’as laissé toutes les affaires sur l’île comment on fait maintenant ? moi j’y vais pas !’. Jouant à shooter dans le sable, Il ne l’écoute même plus.
Finalement, il faut bien se rendre à l’évidence : toutes les affaires sont déjà sur l’île. En avançant à reculons, Elle finit par se mettre à l’eau. S’ensuit une scène ‘typiquement féminine’ ( :p) où, réalisant qu’elle a mouillé tout le jean qu’elle n’avait pas remonté, Elle s’élance dans l’eau rageusement, remuant le plus d’eau possible, comme pour montrer à son ami combien tout ceci est déplaisant. Allez, tout ce petit discours vaut bien une photo :
Ah l’amour !
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‘Les tourbières se trouvent dans des régions froides et humides, autrefois recouvertes par les glaciers. Le sol y est mal drainé, acide et couvert d’un épais tapis de mousse aux couleurs multiples, que l’on appelle la sphaigne.’ En effet, une épaisse couche de glace couvrait le secteur, il y a plus de 12 000 ans. En se retirant, la glace a laissé beaucoup de sable et de gravier, puis elle a été remplacée par une forêt d’épinettes de Sitka. Petit à petit, le sol a été saturé en eau de pluie, à cause des minéraux et matières végétales qui se sont mélangés à la glaise et ont empêché l’eau de s’écouler. Il y a 400 ans, la sphaigne a envahi la forêt, qui a succombé à l’augmentation de l’acidité du sol. Les pins tordus en sont les survivants.
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