Les yeux truités
Assise auprès de toi Seules dans la cuisine
Je regarde tes mains Ta peau de soie si fine
(Je bave et je dis qu'il pleut)
Tu racontes la vie Qui doucement s'écoule
Petits bobos, joies, peines Finissent en chansons
(La Belle Hélène au bal voulut aller)
Tu t'y mélanges un peu
Et ça nous fait sourire
Tendrement
(Le pont s'écroule et les voilà noyés)
Tu penses chaque soir A tes petits-enfants
En priant Saint Antoine et Sainte Apollonie
Pour nos dents
(Elle a les yeux truités tu sais)
Tes mains de couturière Sont marquées par les ans
Tu dis que c'est la faute Du dé et des aiguilles
Tant de fois auront-ils Sauvé ma Pétronille
(J'aime ton doux murmure)
(D'où viens-tu ? Dis le nous)
Quand j'étais petite, en passant près de la rivière, mon arrière grand-mère récitait un poème qu'elle avait appris à l'école. Il en est toujours resté quelques vers dans nos coeurs, quand nous longeons l'eau qui court.
Eau si claire et si pure
Bienfaisante pour tous,
J'aime ton doux murmure,
D'où viens-tu? Dis-le-nous.
Je viens de la montagne,
Des glaciers azurés,
Et j'ai dans la campagne
Arrosé les grand prés.
En passant dans la plaine,
J'ai baigné le buisson,
La racine du chêne
Et la fleur du gazon.
Le même rivage
Clic Clac ! Et s'arrête le temps
Sur un reflet de lune
Auprès de deux amants
Ils goûtent le bonheur
Sur un même rivage
Cherchant le Rayon Vert
Dans l'horizon lointain
Et seuls dans la fraîcheur
D'une nuit sur la plage
Ils ont le nez en l'air
Vers les étoiles au loin
Clic Clac ! Auprès des deux amants
Sur un reflet de lune
S'est arrêté le temps
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